L’Histoire et les Sciences

L’Empire est une société de l’oralité. Cela ne signifie pas que l’écriture n’existe pas, mais elle est peu utilisée et réservée à une certaine élite. Même dans l’aristocratie tout le monde ne sait pas lire, encore moins écrire. La plupart des messages se transmettent oralement, par l’intermédiaire d’un·e messager·ère. Les courriers écrits sont réservés aux informations sensibles de diplomatie et à l’espionnage, tout simplement parce que les personnes en mesure de les lire sont rares et généralement liées par serment à la Cour qu’elles servent.

Être dans une société de l’oralité implique aussi que la parole donnée a une très grande valeur. On ne délègue les négociations qu’à des intermédiaires en qui l’on a pleine confiance, et demander la rédaction d’un contrat écrit signifie explicitement que l’on n’accorde aucun crédit à l’autre. Quelqu’un qui prend un engagement et qui ne le tient pas s’expose à une réputation de parjure, et donc à la méfiance de tou·tes.

L’Histoire

Le texte le plus important et le plus sacré qui soit, le Dit du Monde, raconte la création de tout ce qui est et qui a été. Transmis par apprentissage et récitation, il est le point de départ de toute chronologie possible de l’Empire, mais il ne contient aucune date à proprement parler.

L’Histoire de l’Empire ne se conçoit généralement pas comme une série d’événement rigoureusement datés qui ont la prétention d’être exacts et véridiques. Les récits du passés, racontés par les érudit·es ou mis en scène par les troupes de théâtre, mêlent allègrement mythe et réalité, à la pleine satisfaction du plus grand nombre. Si l’on veut vraiment donner un millésime précis à un événement, alors on précisera « telle année du règne de tel Trône ».

La notion de temps, en l’absence de calendrier et de chroniques historiques précises, est assez protéiforme. Le présent et le vécu font partie du temps connu. Les événements qu’ont vécu nos parents et grands-parents appartiennent au temps du souvenir. Au-delà, seuls certains faits majeurs ont pu survivre à l’oubli et entrent selon les cas dans la légende, dans l’histoire ou dans la tradition.

On raconte qu’un jour une reine (ou était-ce un roi ?) parvint à rassembler entre ses mains toute l’autorité et toute la puissance des Quatre Trônes et avait reçu le titre de “Dieu”.

Comble de l’orgueil, l’ordre a été donné de lui construire un palais, la “Maison-Dieu”, qui comprendrait une Tour qui atteindrait les cieux, en défi à Soleil et Lune.

Mais la Tour a été foudroyée par Soleil, le peuple s’est révolté et le tyran est mort.

Les gigantesques ruines peuvent toujours être aperçues de loin, au milieu de la Mer Intérieure au nord du continent, comme un rappel permanent de la faute à ne plus commettre.

#Exemple

Les Sciences

La quasi absence de livres n’empêche pas les avancées scientifiques. L’inscription temporaire de chiffres, de symboles et de schémas, à la craie ou sur tablettes de cire, est largement suffisante pour transmettre les démonstrations mathématiques nécessaires au développement d’une ingénierie de pointe ou d’une médecine évoluée. La transmission des savoirs pratiques comme théoriques se fait principalement de maître·sse à apprenti·e ou au sein des Hermitages : l’exemple et la répétition ou les débats sont la base de la pédagogie et les érudit·es, architectes, ingénieur·es ou médecins ne sont pas rares.

Summum de la technologie, joyaux d’ingénierie militaire, les Chariots sont d’immenses armures pilotées par un·e officier spécialement entraîné·e. Des jeux subtils d’engrenages, de ressorts, de roulements en font des armes redoutables à l’agilité équivalente à celle d’un humain, mais à la force de dix. Au pas de course, un Chariot peut atteindre la vitesse d’un cheval au galop.

C’est une technologie très chère, et très peu d’armées en sont équipées.

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